Comprendre les soins et accompagnements en établissement médicalisé : l’essentiel à connaître

22 août 2025

Plusieurs structures accueillent les personnes âgées lorsque l’autonomie diminue ou que des soins spécifiques deviennent nécessaires. En France, on distingue principalement :

  • EHPAD (Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) : pour les seniors ayant besoin d’un accompagnement pour les actes du quotidien et de soins médicaux réguliers.
  • USLD (Unités de Soins de Longue Durée) : souvent rattachées à un hôpital, elles s’adressent aux personnes âgées présentant des pathologies lourdes nécessitant une surveillance médicale constante.
  • Résidences autonomie/foyers logements : pour les seniors valides ou semi-valides souhaitant rompre l’isolement, avec un accès à quelques services collectifs.

En 2021, selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), la France comptait 7 400 EHPAD, soit environ 600 000 places pour seniors [Source : Drees].

Entrer en établissement médicalisé, c’est d’abord accéder à des soins adaptés, dispensés par une équipe pluridisciplinaire. Que comprend réellement ce suivi ?

  • Présence médicale : chaque EHPAD dispose d’un médecin coordonnateur. Il établit le projet de soins personnalisé en lien avec le médecin traitant, qui reste librement choisi par le résident.
  • Soins d’infirmiers et aides-soignants : médicaments, pansements, injections, surveillance (tension, glycémie, etc.), assistance à la toilette, prévention des escarres… Des infirmier(ère)s sont présents au minimum le jour, parfois la nuit dans les grandes structures.
  • Interventions de kinésithérapeutes : prévention des chutes, maintien de la mobilité, rééducation.
  • Accès à d’autres spécialités : ergothérapeutes, psychologues, orthophonistes selon les besoins et les structures.

En EHPAD, la moyenne nationale d’encadrement est de 60 à 65 équivalents temps plein pour 100 résidents (en incluant tout le personnel) – un chiffre à relativiser, puisqu’il varie d’un territoire à l’autre (Drees, 2022). La majorité des soins courants sont assurés sur place ; pour l’accès à des spécialistes, les établissements s’organisent selon les réseaux locaux.

Une attention particulière à la prévention

L’un des axes forts des établissements médicalisés est la prévention. On y met en place :

  • Des programmes de prévention des chutes (exercices, adaptation de l’environnement…)
  • La surveillance de la dénutrition ou des troubles cognitifs (tests réguliers, adaptation des menus…)
  • La vaccination saisonnière ou adaptée (grippe, Covid-19, etc.)

Cette logique de prévention a montré son efficacité sur la qualité de vie des résidents : selon la HAS (Haute Autorité de Santé), les chutes graves baissent de 15 % chez les résidents suivant un programme d’exercices adapté [Source : HAS].

La vie en établissement médicalisé, c’est avant tout la continuité du quotidien, mais avec un accompagnement sur mesure. Les professionnels de ces lieux veillent à accompagner chacun, selon ses besoins et son rythme :

  • Aide à la toilette, à l’habillage et à la mobilité : le personnel adapte ses gestes au degré d’autonomie de la personne.
  • Repas adaptés : textures modifiées, régimes surveillés, aides pour manger… Rien n’est laissé au hasard. Les menus sont conçus avec des diététiciens, parfois en tenant compte des goûts et habitudes régionales.
  • Entretien du linge et de la chambre : un confort simple, mais essentiel pour l’estime de soi et le sentiment d’être “chez soi”.
  • Suivi psychologique et soutien moral : présence de psychologues, d’animateurs formés, organisation de groupes de parole ou d’ateliers mémoire.

À noter que de nombreux établissements travaillent en partenariat avec des associations locales pour proposer des activités variées : ateliers musique, jardinage, sorties culturelles. L’objectif : maintenir le lien social et lutter, autant que possible, contre l’isolement.

Les établissements médicalisés sont parmi les principaux lieux d’accueil pour les personnes vivant avec des troubles cognitifs (maladie d’Alzheimer, maladies apparentées). Leur accompagnement repose sur plusieurs piliers :

  • Unités spécifiques : de nombreux EHPAD disposent d’unités protégées, appelées PASA (Pôle d’Activités et de Soins Adaptés) ou unités Alzheimer. Elles offrent un cadre sécurisé et des activités adaptées visant à stimuler la mémoire, gérer l’anxiété, limiter l’agitation.
  • Personnel formé : les aides-soignants, infirmiers et animateurs suivent régulièrement des formations spécifiques sur la maladie d’Alzheimer et la communication adaptée.
  • Réunions de coordination : familles, soignants, médecins se retrouvent autour du “projet de vie” personnalisé pour ajuster en continu l’accompagnement.

Selon l’étude PAQUID (Inserm, 2023), près de 40 % des résidents en EHPAD sont atteints d’une forme d’Alzheimer ou d’une pathologie apparentée.

L’accompagnement ne se limite pas à la personne âgée. L’accueil en établissement médicalisé s’organise, autant que possible, en lien avec la famille et les proches. Cela passe par :

  • Des réunions régulières d’information sur la vie de l’établissement et du résident
  • Un accès facilité pour les visiteurs, avec des horaires adaptés (beaucoup d’établissements ont assoupli cela après la crise sanitaire)
  • La possibilité de participer à certaines activités, de fêter les anniversaires, ou de partager un repas sur place
  • Un suivi “à distance” si la famille vit loin : échanges par téléphone, courriers, parfois visioconférences

Depuis 2015, les “conseils de la vie sociale” sont obligatoires en EHPAD. Composés de résidents, proches, personnel, ils donnent leur avis pour améliorer la vie collective. C’est un outil concret pour renforcer la co-construction entre établissements et familles, comme le souligne l’ANAP [Source : ANAP].

Un établissement médicalisé n’est pas seulement un lieu de soins. C’est aussi (et surtout) un lieu de vie où chaque résident trouve matière à s’exprimer ou à découvrir de nouvelles choses. Le panel d’activités proposées sur place reflète leur engagement :

  • Ateliers créatifs (peinture, écriture, chant…)
  • Gymnastique douce, yoga, danse adaptée
  • Jeux de société, ateliers mémoire
  • Rencontres intergénérationnelles (écoles, centres de loisirs du coin…)
  • Culte religieux ou accompagnement spirituel si souhaité

Chaque semaine, un planning est affiché. Certains établissements proposent même des activités à la carte ou des sorties sur demande. En Maine-et-Loire, plusieurs EHPAD ont tissé des liens avec des associations culturelles locales pour animer des ateliers de théâtre ou de lecture à voix haute.

La fin de vie fait pleinement partie du parcours en établissement médicalisé. Les EHPAD et USLD sont désormais équipés pour accompagner, sur place, les personnes en soins palliatifs :

  • Présence d’infirmier(ère)s formés à la gestion de la douleur
  • Interventions de l’équipe mobile de soins palliatifs de l’hôpital ou du territoire
  • Accompagnement psychologique de la personne et de ses proches
  • Respect de la dignité, de la volonté de la personne et, autant que possible, de ses rituels

Cette démarche s’appuie sur la loi Claeys-Leonetti de 2016, qui pose le droit à être soulagé de sa douleur ou accompagné dans la dernière phase de la vie, y compris au sein des établissements [Ministère Santé].

Le prix d’une place en EHPAD dépend :

  • Du tarif hébergement (nourriture, logement, entretien)
  • Du tarif dépendance (calculé selon le gir – niveau de perte d’autonomie)
  • Du tarif soins (pris en charge par l’Assurance maladie)

En 2022, le prix médian d’une chambre seule en EHPAD s’établissait à 2 200 €/mois en France, mais avec de gros écarts selon les régions (Cap Retraite, chiffres DSS). À cela s’ajoutent plusieurs aides mobilisables :

  • Allocation personnalisée d’autonomie (APA)
  • Aide sociale à l’hébergement (ASH)
  • Allocation logement (APL), sous conditions

Les EHPAD publics et associatifs appliquent le règlement départemental d’aide sociale. Les établissements privés peuvent avoir des tarifs plus élevés, mais certains proposent désormais des “places habilitées” pour accueillir aussi des bénéficiaires de l’aide sociale.

L’entrée en établissement médicalisé ne rime pas toujours avec installation définitive. Beaucoup proposent des formules souples, adaptées à différentes situations :

  • Accueil temporaire : de quelques jours à quelques mois, pour souffler, tester la vie en structure ou faciliter une sortie d’hospitalisation (en 2021, 76 000 personnes âgées en ont bénéficié – Drees).
  • Accueil de jour : venir à la journée, par exemple pour les personnes vivant avec Alzheimer, tout en restant à domicile.
  • Hébergement d’urgence : en cas de rupture familiale, de sinistre, ou d’isolement aigu.

Ces solutions de répit sont encore trop peu connues mais elles gagnent du terrain, portées par des dispositifs départementaux et le soutien de réseaux associatifs nationaux comme France Alzheimer ou La Croix-Rouge.

Le secteur des établissements médicalisés évolue rapidement. L’État a lancé le plan “MaPrimeAdapt’” et un programme d’investissement de 3 milliards d’euros (2022-2027) pour rénover, moderniser les EHPAD et développer de nouvelles formes d’accueil :

  • Petits établissements familiaux, avec des unités de vie limitées à 12-15 personnes
  • Développement de coliving seniors autour d’un projet de vie collectif
  • Multiplication des partenariats avec hôpitaux, maisons de santé, structures de répit à domicile
  • Numérisation des dossiers médicaux et outils connectés pour surveiller à distance la santé des résidents

À Vernoil et alentours, on observe par exemple l’ouverture de places d’accueil de jour en 2024, des ateliers intergénérationnels avec les écoles du secteur, et la rénovation de salles communes pour les activités.

Toutes ces évolutions, ce panel de soins, d’accompagnements et de solutions n’ont qu’un objectif : permettre aux personnes âgées de continuer à vivre dignement, sereinement, dans un cadre bienveillant. L’entrée en établissement médicalisé n’est pas une “fin”, mais un nouveau chapitre, qui peut se construire collectivement, avec la personne, ses proches, les professionnels et la société.

À chaque parcours sa solution : les équipes des établissements restent disponibles pour répondre, avec humanité et professionnalisme, à toutes les questions qui peuvent se poser. N’hésitez jamais à solliciter une visite, à demander des informations ou à rencontrer d’autres familles : c’est souvent ensemble que l’on trouve les meilleures réponses.

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