Vivre en couple ou avec son animal en EHPAD et USLD : ce qu’il faut vraiment savoir

2 septembre 2025

Pour bien comprendre la question, il faut d’abord rappeler de quoi l’on parle.

  • EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) : accueil médicalisé pour les personnes de plus de 60 ans en perte d’autonomie.
  • USLD (Unité de Soins de Longue Durée) : réservées aux personnes nécessitant des soins médicaux constants, souvent après un passage en service hospitalier.

Si ces deux types de structures accueillent des personnes qui ne peuvent ou ne veulent plus vivre à domicile, leur niveau de médicalisation et leur organisation diffèrent. Cette distinction influence notamment l’accueil possible des couples ou la présence d’animaux domestiques.

L’une des grandes angoisses de la vieillesse, c’est parfois la séparation du couple au moment de l’entrée en structure. Mais qu’en est-il en pratique ?

La réglementation nationale pour les couples

Aucun texte législatif n’interdit ou n’impose l’accueil des couples, même mariés ou pacsés, en EHPAD (Service-public.fr). La question relève donc de l’organisation interne à chaque établissement, dans le cadre du règlement intérieur et selon les possibilités d’aménagement.

Dans la réalité :

  • Chambre double : moins de 10 % des EHPAD en France (environ 700 établissements sur 7 400) proposent ce type d’hébergement pour les couples (source : rapport IGAS 2021).
  • Deux chambres voisines : beaucoup d’établissements s’efforcent néanmoins de placer les couples dans deux chambres contiguës, si la configuration le permet et la demande est faite suffisamment tôt.

Ce qui bloque ou facilite le maintien ensemble

Freins Facilitateurs
  • Offre limitée de chambres doubles
  • Différents niveaux de dépendance
  • Contraintes architecturales dans les bâtiments anciens
  • Risques infectieux accrus en chambre double (Covid-19, grippe…)
  • Attentes différentes du couple (besoins de soins, rythme de vie)
  • Demande formulée tôt à la direction
  • Acceptation de chambres mitoyennes
  • Soutien de l’entourage ou du médecin pour accompagner la requête
  • Projets personnalisés favorisant le maintien du lien conjugal

Certains établissements de la région Maine-et-Loire essaient d’innover. Par exemple, l’EHPAD Les Trois Rivières, à Longué-Jumelles, a récemment aménagé une chambre double à la demande d’un couple centenaire, avec l’accord de la famille, des soignants et du médecin coordonnateur. Ce type d’initiative reste toutefois rare.

Les Unités de Soins de Longue Durée accueillent des personnes souvent très dépendantes, majoritairement alitées ou nécessitant une surveillance permanente. La priorité est donnée à l’aspect médical. L’organisation des chambres en USLD, principalement individuelles, rend la présence conjointe d’un couple encore plus marginale que dans les EHPAD.

Les équipes tentent néanmoins, dans certains cas particuliers (par exemple, deux conjoints tous les deux très dépendants), de prévoir des visites facilitées ou d’organiser des rencontres dans des salons ou jardins partagés. Mais la cohabitation dans une même chambre est quasi inexistante en USLD.

Animaux admis : pas une obligation

Aucune réglementation nationale n’impose aux EHPAD (ou USLD) d’accepter les animaux. L’accueil d’un animal de compagnie relève du choix de la direction de l’établissement, et figure en toutes lettres dans le règlement intérieur.

En pratique, selon la Fondation 30 Millions d’Amis (2023), moins de 13 % des EHPAD français acceptent les animaux de compagnie en chambre individuelle. Ce taux baisse fortement en USLD, où la proportion ne dépasse pas 3 % (source : Observatoire national de la fin de vie, 2021).

Principales conditions d’acceptation

  • Capacité du résident à s’occuper de son animal (promenade, gamelle, hygiène…)
  • Absence d’agressivité ou de troubles comportementaux chez l’animal
  • Respect des autres résidents et du personnel (allergies, phobies, hygiène, bruit)
  • Document vétérinaire à jour (vaccins, certificat de bonne santé)
  • Engagement de la famille à prendre le relais en cas d’hospitalisation d’urgence du résident

Pratiques locales : cas concrets et dynamiques positives

  • L’EHPAD Saint-Paul, à Saumur, accepte les chats et petits chiens sous réserve d’un accord écrit précisant les modalités d’entretien.
  • Une EHPAD de Baugé-en-Anjou a favorisé la venue d’un lapin nain auprès d’une résidente, à condition que la famille assure la prise en charge vétérinaire si besoin.
  • Plusieurs maisons de retraite du réseau privé (groupe Korian, DomusVi…) commencent à ouvrir des unités dites “pet-friendly”, très demandées mais en nombre encore réduit.

L’inverse existe aussi : dans certaines structures publiques, les règles d’hygiène sont très strictes, interdisant toute présence d’animaux, même en cage ou en aquarium.

Si garder Nestor ou Pompon dans sa chambre reste difficile, de plus en plus d’établissements font venir, ponctuellement, des chiens ou des chats de médiation. On les appelle “animaux thérapeutes”.

Ce type d’activités, encadré par un professionnel, multiplie les bénéfices : apaisement, stimulation cognitive, meilleure communication, réduction de l’anxiété (source : Fondation Affinity).

À Vernoil et dans les alentours, plusieurs associations organisent chaque trimestre ce type d’ateliers. Certains établissements affichent d’ailleurs que tous les résidents, y compris ceux allergiques ou réticents, peuvent participer selon leur envie. Mais cela ne remplace pas la présence quotidienne d’un animal à soi.

  • Demander les bonnes informations très tôt : questionnez la direction de l’établissement sur les possibilités d’accueillir un couple ou un animal avant l’entrée – idéalement lors de la visite préalable.
  • Lire attentivement le règlement intérieur : les droits et éventuelles restrictions sont systématiquement écrits noir sur blanc.
  • Présenter un dossier solide pour les animaux (attestation vétérinaire, preuves de l’autonomie du résident, engagement écrit de la famille, etc.).
  • Valoriser le maintien du lien conjugal : n’hésitez pas à impliquer médecins, psychologues ou assistants sociaux dans la demande de rapprochement des conjoints.

Sur notre territoire, le sujet avance doucement. Sous la pression des familles, quelques ouvertures ont eu lieu ces dernières années. Mais l’adaptation des bâtiments, la formation du personnel et les contraintes sanitaires rendent les démarches longues et parfois complexes.

À horizon 2030, près de 80 % des personnes âgées souhaitent vivre la fin de leur vie à domicile avec leur animal (enquête IFOP, 2022), mais la solution EHPAD reste nécessaire pour 1,3 million de Français chaque année. Les dynamiques sont prometteuses : programmes pilotes pour “EHPAD à vivre ensemble”, perspectives d’EHPAD intergénérationnels ou plus ouverts aux animaux… mais ils restent encore l’exception.

L’accueil des couples ou des animaux en EHPAD et USLD reste aujourd’hui possible, mais limité et soumis à de nombreuses conditions. La règle d’or, c’est de ne jamais hésiter à poser la question, et surtout à argumenter sa demande. Chaque situation familiale et chaque projet de vie mérite un regard particulier — les établissements en sont de plus en plus conscients et s’efforcent, dans la mesure du possible, de trouver des solutions humaines.

Si vous avez des questions précises sur un établissement du Maine-et-Loire, rapprochez-vous des CCAS, des services de France Services ou du Conseil Départemental qui pourront vous guider. Et n’oubliez jamais : on ne vieillit jamais seul, et souvent, à deux ou avec son compagnon à poils, c’est aussi possible… à condition d’oser le demander !

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