Accueillir la vieillesse : EHPAD et USLD, deux chemins adaptés mais bien distincts

17 août 2025

  • EHPAD signifie Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes. Ces structures remplacent ce qu’on appelait autrefois les maisons de retraite médicalisées. Elles accueillent des personnes âgées, généralement de plus de 60 ans, ayant besoin d’aide pour la vie quotidienne et d’une surveillance médicale régulière.
  • USLD désigne l’Unité de Soins de Longue Durée. Ces unités sont rattachées à des hôpitaux ou centres hospitaliers, et accueillent des personnes très dépendantes, avec des pathologies graves ou évolutives nécessitant une surveillance et des soins médicaux constants.

Selon le rapport de la DRESS (2023), la France comptait en 2022 environ 7 500 EHPAD publics et privés, contre environ 380 USLD, souvent intégrées à des hôpitaux publics, accueillant bien moins de résidents.

L’accueil en EHPAD ou en USLD dépend toujours du degré d’autonomie et de l’état de santé.

En EHPAD :

  • Accueil de personnes âgées de 60 ans et plus (exceptionnellement moins de 60 ans pour raisons médicales), parfois totalement dépendantes (GIR 1 et 2), mais la majorité sont partiellement dépendantes, encore capables d’interagir et de participer à la vie sociale.
  • Les résidents bénéficient d’une surveillance médicale, mais ont souvent besoin principalement d’aide pour les actes courants de la vie (toilette, habillage, déplacements, repas).
  • Cas le plus courant : des personnes âgées, polypathologiques (souffrant de plusieurs maladies chroniques), mais stables, ou atteintes de troubles cognitifs modérés à sévères (maladie d’Alzheimer, etc.).

En USLD :

  • Accueil réservé à des personnes âgées ou adultes en situation de grande dépendance (souvent GIR 1 et GIR 2 sur la grille AGGIR), avec une perte totale d’autonomie, des soins médicotechniques lourds (trachéotomie, sonde d’alimentation, pathologies neurologiques graves, cancers évolués, etc.), ou nécessitant une surveillance médicale continue.
  • La majorité des résidents ne peuvent plus participer à la vie sociale
  • Prise en charge palliative ou de fin de vie parfois prioritaire

Le choix entre EHPAD et USLD dépend donc d’une évaluation médicale précise, souvent réalisée par un médecin coordonnateur ou une équipe spécialisée (médecin traitant, équipes mobiles gériatriques).

Les EHPAD : soins, sécurité et vie sociale

  • Présence quotidienne d’infirmiers, d’aides-soignants, d’animateurs et d’un médecin coordonnateur.
  • Mise en place de projets personnalisés de soins, en lien avec l’équipe soignante et la famille.
  • Accompagnement psychologique et organisation d’activités collectives (ateliers mémoire, sorties, jardinage, jeux...)
  • Appels médicaux et infirmiers 24 h/24 pour assurer la sécurité.

Les soins sont adaptés à chaque résident, mais restent moins intensifs qu’en hôpital ; c’est la vie sociale et l’autonomie restante, même légère, qui priment.

Les USLD : un environnement hospitalier au quotidien

  • Prise en charge médicale comparable à celle d’un service hospitalier de long séjour : médecins présents quasi-quotidiennement, équipes pluridisciplinaires complètes (infirmiers, kinés, ergothérapeutes, psychologues, assistantes sociales...)
  • Surveillance médicale 24h/24, protocole de soins individualisés, gestes techniques quotidiens (nutrition par perfusion, toilettes médicalisées, prévention des escarres, traitements lourds, etc.).
  • L’accompagnement à la vie sociale passe souvent au second plan, les animations sont plus rares car les résidents sont très dépendants, souvent alités.

Selon l’Assurance Maladie (ameli.fr), le ratio de personnel soignant par résident est en USLD de 0,9 à 1,1 équivalent temps plein pour 1 résident, contre 0,6 à 0,7 en EHPAD.

Accès à l’EHPAD

  • L’admission repose sur un dossier médical, une évaluation de l’autonomie (grille AGGIR) et une commission d’admission.
  • Certains EHPAD proposent des unités protégées pour les troubles cognitifs (Alzheimer), ou des unités renforcées pour situations complexes.
  • La durée de séjour est variable : certains entrent pour quelques mois (retour à domicile possible après une convalescence), d’autres pour le reste de leur vie.

Entrer en USLD

  • L’admission est validée par un médecin spécialiste (gériatre, médecin hospitalier), après avis médical circonstancié et souvent en partenariat avec l’hôpital ou la famille.
  • La durée du séjour, en théorie non limitée, concerne surtout des situations sans retour à domicile envisageable.

L’offre d’USLD est beaucoup plus restreinte : selon le “Guide des structures pour personnes âgées” édité par le Ministère de la Santé (2023), il y a dix fois moins de places en USLD qu’en EHPAD. Sur le Maine-et-Loire, on recense par exemple moins de 5 structures USLD, contre plus de 70 EHPAD (Source : annuaire sanitaire 2023 de l’ARS Pays de la Loire). Ce qui explique les délais parfois longs.

Le coût en EHPAD

  • Le tarif moyen journalier en EHPAD, selon la CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, rapport 2023), est d’environ 65 à 100 euros, variable selon la localisation et le statut (public, privé associatif, privé commercial).
  • Ce coût couvre hébergement, restauration, animation et soins courants.
  • Le passage en EHPAD donne droit sous conditions à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) en établissement, à l’aide sociale à l’hébergement si les ressources sont faibles, ou à la déduction fiscale pour frais de dépendance.

En USLD, des tarifs et une prise en charge différents

  • Le prix de journée est légèrement plus élevé (entre 75 et 120 euros selon les structures en 2023, source DREES), mais le forfait soins est généralement pris en charge par l’Assurance Maladie, ramenant le reste à charge pour la famille proche du tarif hébergement.
  • L’APA s’applique aussi, mais certains départements limitent le cumul des aides selon la prise en charge médicale dominante.

Il existe des simulateurs de reste à charge (sur www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr), conseillés avant toute entrée pour estimer le coût réel en fonction de la situation personnelle.

  • Environ 600 000 personnes vivent en EHPAD en France contre 32 000 en USLD (Source : DREES, 2022)
  • L’âge d’entrée moyen en EHPAD est de 85 ans, en USLD il dépasse souvent 88 ans, les situations étant plus graves (Source : Rapport CNSA, 2023)
  • Environ 30 % des résidents en EHPAD souffrent de troubles cognitifs sévères, mais la proportion approche 75 % en USLD (Source : France Alzheimer, 2022, et Ministère de la santé)

Dans notre secteur, comme partout en milieu rural, la majorité des structures qui accompagnent les personnes âgées dépendantes sont des EHPAD. Les USLD sont moins nombreuses, souvent rattachées à l’hôpital de Saumur ou d’Angers, parfois à des centres hospitaliers plus petits comme le CHU du Mans ou de Tours pour les situations particulières.

Quatre points clés pour choisir :

  1. Niveau de dépendance : en cas de dépendance lourde et de pathologies nécessitant une surveillance médicale constante, l’USLD s’impose.
  2. Projet de vie : pour préserver une vie sociale, un lien avec les proches, la possibilité de participer à des activités : l’EHPAD reste plus adapté.
  3. Proximité géographique : certaines familles privilégient un établissement plus proche du domicile ou des proches, même si cela limite le choix (il y a davantage d’EHPAD que d’USLD en centre-ville ou en campagne).
  4. Disponibilité des places : l’attente peut être plus longue en USLD, mais certains EHPAD organisent des filières pour les cas d’urgence.
  • Le portail officiel d’information : pour-les-personnes-agees.gouv.fr
  • L’annuaire des établissements du Maine-et-Loire : annuaire-sanitaire-social.com
  • Les référents locaux : Centre Local d’Information et de Coordination (CLIC) Loire-Anjou, réseau de l’ADMR, Assistantes sociales du Conseil Départemental
  • Pour l’aide à la constitution du dossier : service social du Centre Hospitalier de Saumur, maison départementale de l’autonomie (MDA)

Lorsque la question de l’accueil d’un parent en perte d’autonomie se pose, rien n’est évident. Chaque situation appelle une réflexion propre, discutée en famille et avec les professionnels. Les différences entre EHPAD et USLD sont réelles, et il ne s’agit pas uniquement d’un choix médical : c’est aussi un choix de vie, d’accompagnement, d’environnement. Garder le lien, respecter les souhaits du proche, se sentir écouté : voilà l’essentiel. Et si les démarches paraissent complexes ou effrayantes, n’hésitez pas à solliciter les structures d’appui locales ou à échanger avec celles et ceux qui traversent les mêmes questionnements, proches ou professionnels du secteur.

Sources utilisées : DREES (Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques) ; CNSA (Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie) ; ameli.fr ; Ministère de la Santé ; pour-les-personnes-agees.gouv.fr ; France Alzheimer ; annuaire-sanitaire-social.com ; ARS Pays de la Loire.

En savoir plus à ce sujet :

Publications